Rares sont les développeurs de jeux vidéo qui osent s’aventurer dans le feuilleton : les aventures de Lara Croft, Mario ou encore Link sont toutes indépendantes les unes des autres et les choix d’une aventure ont généralement peu de conséquences dans les titres ultérieurs. Capcom, le développeur et l’éditeur du jeu, a fait un choix radicalement différent puisque les aventures de Phoenix Wright se suivent d’épisode en épisode, de jeu en jeu, pour raconter les liens qui existent et évoluent entre tous les protagonistes. Trahison, amour caché, espoirs brisés et « cliffhanger », tous les ingrédients des séries les plus haletantes à la « 24 Heures » sont réunis dans Phoenix Wright.

Quand tout vous accuse et que police et justice semblent se liguer contre vous, il faut faire appel à l’avocat le plus courageux - ou le plus inconscient - du barreau, Maître Phoenix Wright ! Six mois après les événements décrits dans le premier Phoenix Wright : Ace Attorney, le jeune avocat de 25 ans doit de nouveau faire preuve de prouesses juridiques pour récupérer des indices, interroger les témoins et défendre le dossier de ses clients. Mais la terrible issue du procès qui a vu sur le banc des accusés son ancien adversaire de toujours, le procureur Benjamin Hunter, pèse lourd sur le cœur de Phoenix : le suicide apparent de Benjamin, la démission de son assistante et medium personnelle, Maya, le choc de ne plus pouvoir retrouver les conseils avisés de son ancienne boss assassinée, Mia… Désabusé et déstabilisé, Phoenix n’est peut-être pas prêt à faire face au nouveau procureur du ministère public qui se dresse devant lui : Franziska, 18 ans, prodige du barreau venue d’Allemagne et fille de l’homme qui les a tous trahis, Manfred von Karma.

Tribunal, commissariat, salle d’interrogatoire, tous les décors classiques des séries policières et judiciaires telles « New York District » répondent à l’appel mais les lieux où se déroulent chaque enquête sont toujours détonants : clinique psychiatrique, village spirite, cirque en faillite et même convention de super héros costumés. Les rencontres avec des personnages secondaires hauts en couleur et l’attention portée à des dialogues ciselés immergent les joueurs avec bonheur.

Comme dans le précédent jeu Phoenix Wright, l’action est séparée en deux sections distinctes. Dans la première section, les joueurs doivent enquêter sur les lieux du crime et interroger les témoins pour découvrir des indices. Grâce à l’écran tactile, ils peuvent en effet inspecter certaines zones et examiner les objets intéressants. La seconde partie du jeu se déroule dans la salle d’audience où les joueurs utilisent tous leurs talents pour mettre à jour contradictions et faux témoignages via le micro de la Nintendo DS en criant « objection ! », « un instant ! », et plus encore.

Phoenix Wright : Ace Attorney Justice for All flirte aussi toujours avec le surnaturel puisqu’en plus de la réincarnation de certains personnages ayant connu une mort violente, il est maintenant possible de lire dans les esprits. Armé d’un puissant talisman - le Magatama - et lorsqu’il est confronté à un témoin récalcitrant qui ne désire pas révéler toute la vérité, Phoenix peut voir le « Verrou Psyche » qui emprisonne l’âme des menteurs. Pour recueillir des informations nécessaires de la part d’un tel témoin, les joueurs n’ont pas d’autre choix que d’utiliser le Verrou Psyche, en brisant ses barrières psychologiques par le biais d’une série de questions précises ou en confrontant le témoin lorsque ses réponses sont incohérentes.

Jeu culte au Japon où le quatrième volume arrive sur Nintendo DS dès le moi d’avril, Phoenix Wright est également devenu un succès surprise sur tous les autres continents : Capcom US a eu du mal à faire face à la demande des joueurs pris par le bouche-à-oreille sur le premier épisode et vient de confirmer il y a quelques jours l’arrivée prochaine de la troisième saison, qu’on pourrait sous-titrer « En attendant Godot »…

Phoenix Wright : Ace Attorney Justice for All sur Nintendo DS est appelé à la barre le 16 mars 2007, au prix conseillé d'environ 40 Euros en Europe.